À l’assaut de l’échelle des valeurs…

Initier, former, faire aimer…
La Fédération Française de Cyclisme compte quelque 2530 Clubs mais à peine plus de 450 Écoles de Vélo… Ce n’est évidemment pas assez, mais ces structures mises en place pour initier à notre sport les enfants de 7 à 14 ans permettent tout de même à quelques milliers d’entre eux de pratiquer une activité physique, de découvrir les diverses disciplines du cyclisme et, s’ils en manifestent le désir, de disputer leurs premières compétitions… C’est très loin d’être négligeable.
Dans un contexte calibré pour être en adéquation avec leur énorme pouvoir d’intégration nerveuse, un potentiel d’attention limité à une vingtaine de minutes et des capacités physiques qui ne sont évidemment pas comparables à celles des adultes, les jeunes cyclistes apprennent les rudiments techniques liés à notre activité ainsi que leurs diverses expressions dans des domaines aussi variés et motivants que le cyclo cross, la route et la piste. Entourés d’enfants de leur âge, c’est dans des conditions pédagogiques et de sécurité optimales que ces enthousiastes font leurs premières armes.
L’étoffe des Héros
Si le Club dans lequel ils sont inscrits est sympa, si l’entraîneur qui les cadre et qui les forme a un peu d’aura personnelle et de compétence professionnelle – et c’est très largement le cas à l’USM Gagny où les enfants peuvent s’appuyer sur l’expérience technique et les qualités humaines de Gérard Dendecker ! – les jeunes ont vite fait de s’enticher de cyclisme. Enchantés par une pratique qui leur semble facile de prime abord, motivés par les jeux et les petites joutes auxquels ils participent, les jeunes cyclistes vont s’attacher à une pratique sportive qui, au départ, sollicite leur adresse et leur esprit ludique tout autant que leurs forces.

Ils apprécient d’autant plus cette activité sportive qu’ils sont parés d’une tenue spécifique, une vraie livrée de champion puisqu’elle est singulière et qu’elle leur permet d’arborer les couleurs du Club dans lequel ils sont inscrits. Ils en tirent une immense fierté ! et un indubitable attachement à leur groupe d’amis et à leur Club ! Sans en parler, les jeunes cyclistes vont peu à peu commencer à « se la raconter », à avoir des ambitions. En effet, pétris d’orgueil tout autant que de doutes et de craintes, ils vont bientôt avoir envie de participer à une course afin d’étalonner leurs capacités. « Pour voir ce qu’ils valent ! ». En général, ils vont y prendre goût.
La compétition, ça forge les caractères !
L’enfant qui « tâte » de la compétition et qui aime ça va immanquablement penser qu’il a l’étoffe des héros. C’est normal. Porté par sa passion, s’identifiant aux athlètes de haut niveau dont il peut suivre les exploits à la télé ou dans les journaux, désireux de surclasser ses rivaux et de fiabiliser sa valeur en gagnant des places et en remportant des médailles, le compétiteur débutant va pouvoir se confronter à d’autres passionnés de son âge. Avec une excitation riche d’émotions contradictoires, il va « frotter » son ego contre celui des autres qui, de leur côté, ne voudront évidemment rien lui céder. Ça va faire des étincelles !
L’enfant ne sortira pas forcément vainqueur de ces confrontations, mais invité à lutter d’égal à égal avec ses concurrents, il apprendra une foule de choses sur lui-même et sur les autres…
De tout son corps, de tout son cœur, en mobilisant toute sa volonté et toute son intelligence, le champion en herbe va pouvoir s’investir dans ces luttes codifiées dont l’issue n’est jamais certaine. Course après course, il va pouvoir vérifier que les hiérarchies qui semblaient les mieux établies peuvent être bouleversées par les aléas de la course ou, plus certainement, être infléchies à force de travail et de réflexion…
Calibration et gestion de l’effort
Abandonné à lui-même,
le jeune compétiteur s’entraînerait trop,
trop dur et trop longtemps.
Tenté de « trop en faire »,
il verserait dans le « mal faire »
et brûlerait ses jeunes forces,
consumerait son potentiel…
Poussé par sa soif de réussite et l’exaltation que provoque la compétition, notre jeune compétiteur serait alors tenté de « trop en faire ». Livré à lui-même, il verserait vraisemblablement dans le « mal faire ». Il s’entraînerait trop, trop dur et trop longtemps. Sans s’en rendre compte, il brûlerait ses jeunes forces, consumerait son potentiel.
Les structures associatives et fédérales sont justement là pour tempérer et domestiquer sa boulimie d’efforts et de victoire.

Afin de préserver les potentiels d’individus en pleine croissance, la FFC met en place des épreuves calibrées…
En effet, que ce soit au sein de son Ecole de Vélo ou lors des épreuves fédérales, l’enfant évolue toujours dans des environnements dont il est à la fois l’alpha et l’oméga, le gabarit et le projet. Car même si l’on y exalte le goût de l’effort et l’esprit de compétition, ces univers sont d’une certaine manière « protégés » car spécifiquement conçus pour tenir compte des capacités de l’enfant en croissance et pour préserver ses possibilités d’évolution. Dans ces contextes « règlementés », tout est fait pour que le potentiel instantané du jeune cycliste ne prenne jamais le pas sur son potentiel différé, celui qu’il ne pourra atteindre qu’en suivant un entraînement réfléchi, c’est-à-dire appliqué mais ludique, formaté mais inventif, patient mais déterminé, soumis à divers aléas mais toujours structuré…
Vers une autonomie maîtrisée…
Par des exercices méthodiques dont on lui expliquera toujours les objectifs et dont il comprendra toujours mieux la portée, le jeune cycliste apprendra comment on gère un entraînement en fonction de principes généraux et de projets spécifiques. De la sorte, en intégrant les règles d’un entraînement bien conçu, il se préparera à plus d’indépendance et à plus d’intelligence dans l’autonomie.
Que ce soit à l’entraînement ou bien en course, au contact de ses adversaires et de ses copains, guidé par les conseils puis les analyses et les commentaires de son entraîneur, le jeune cycliste va également apprendre à maîtriser son impulsivité et sa boulimie d’efforts, à ne pas s’effrayer des périodes de stagnation qu’il traversera forcément ou des contre-performances dont son parcours sera immanquablement semé.
Vivre sa passion, épanouir sa personnalité…
Ainsi, en multipliant les expériences, le jeune cycliste ne va pas simplement appréhender de nouvelles situations de course et s’adapter à des configurations inédites de l’adversité ou du terrain. Il va également pouvoir, dans un contexte où l’on s’inquiète encore plus de lui que de ses résultats, apprendre à gérer le stress de l’attente et celui de la course, à assumer ses victoires, les réflexions des adversaires ou les commentaires des parents… Dans le contexte propice de son Ecole de vélo, le jeune passionné va par son action consciente, constante et volontaire, , harmonieusement développer son potentiel physique, ses capacités d’analyse et la maîtrise de ses émotions toutes choses qui, vous en conviendrez, ne sont pas seulement utiles « pour le vélo ». Pas à pas, sans s’impatienter, il va apprendre à devenir sinon un champion, au moins un homme raisonnable et confiant en ses capacités.
Eric Valadier

Remerciements
À ses élèves de l’USM Gagny, Gérard Dendecker ne propose pas qu’une activité physique et un renforcement musculaire, il ne transmet pas simplement des techniques. Par son enseignement aussi prévenant qu’exigeant, il apprend aux jeunes sous sa responsabilité à développer une autonomie pleine d’intelligence et de caractère. Il leur enseigne à cultiver une mentalité et des actions positives, conscientes, constantes et volontaires. Puissent beaucoup d’enfants bénéficier de cette même qualité d’encadrement dans les Clubs où ils évoluent.